Le ministre de l’Economie veut réglementer les prix des produits et services de santé en RDC

Le ministre ad intérim de l’Economie Nationale, Nicolas Kazadi, poursuit sa bataille pour la rationalisation des structures des prix et tarifs des produits et services de santé en République Démocratique du Congo. Il veut mettre fin à l’anarchie observée dans ce secteur en règlementant notamment les prix des médicaments, des consultations, des actes médicaux… afin de permettre l’accès aux soins de santé à toutes les couches sociales du pays.

C’est ce qui justifie les différents ateliers qui se succèdent au sein de ce ministère, avec la collaboration du ministère de la Santé et différents partenaires. Hier mardi 13 septembre 2022, le patron de l’Economie Nationale a ouvert un troisième atelier de la série qui intervient après le premier et le deuxième organisés au mois de décembre 2021, dont les travaux ont permis de mieux circonscrire la question de la disponibilité et de l’accessibilité des services et
produits de santé pour la population, en particulier les catégories vulnérables.
Dans son allocution, Nicolas Kazadi a indiqué que le présent atelier aura principalement pour but d’une part, d’accorder formellement un statut social aux produits et services de santé sur toute l’étendue de la RDC, et d’autre part, d’apprêter les textes réglementaires. « Ce troisième atelier devra fournir tous les éléments nécessaires à la formalisation du statut social desdits produits et services, laquelle formalisation implique la rationalisation des éléments constitutifs
des coûts des produits et services de santé, en vue d’en faciliter davantage l’accès à une large couche de la population », a précisé le ministre de l’Economie.
Ainsi donc, 3 objectifs spécifiques sont assignés à ce dernier
atelier, à savoir :
– Identifier les taxes et redevances dont les produits de santé peuvent être exemptés dans le processus de leur importation, de leur production locale et de leur distribution sur le territoire national. Et ce, dans le but d’atteindre un coût de revient équivalent à la valeur CIF augmentée de 9% ;
– Améliorer et finaliser le projet de décret relatif au Système National d’Approvisionnement en Médicaments Essentiels (SNAM) ;
– Proposer des mesures d’application visant à renforcer la réglementation pharmaceutique et économique en vigueur.
Au regard de l’importance que revêt cet atelier, Nicolas KAZADI a invité les participants à donner le meilleur d’eux mêmes pour que ces travaux soient couronnés du même succès que les deux précédents ateliers. En outre, il leur a demandé d’avoir constamment à l’esprit l’intérêt que le peuple congolais entier tirera des résultats de ces travaux. « C’est ainsi qu’à côté de mon collègue du ministère de la Santé, et de tout le Gouvernement, je m’engage à tout mettre en
œuvre pour que tous les actes nécessaires à la matérialisation de la couverture santé universelle soient effectivement pris et appliqués », a-t-il conclu.

Nécessité de réduire le coût des produits et services en RDC
Rappelant la nécessité de ramener de l’ordre dans le secteur de la santé en y appliquant les prix exacts dans la tarification de produits et services, la vice ministre de la Santé, Véronique Kilumba, a souligné que ce processus de rationalisation accéléra la mise en œuvre de la «couverture santé universelle» et sera très bénéfique pour toutes les couches sociales du pays. Elle a dit compter sur l’expertise des participants pour aboutir aux propositions concrètes,
qui assureront le bien-être de la population congolaise, sans mettre à mal la continuation des activités développer par les privés.
A ce propos, le Directeur technique de Sanru, Albert Kalonji, estime que pour garantir l’accès aux produits pharmaceutiques et que les populations les utilisent quand là où elles en ont besoin, une approche systémique qui s’appuie sur les structures existantes, y compris le secteur privé, doit être adoptée. Et cette approche, doit aller au-delà de la rationalisation des prix des médicaments, bien que celle-ci soit une des étapes critiques.
Par ailleurs, Albert Kalonji pense que pour améliorer l’efficience et l’effectivité du système pharmaceutique et que réduire le coût global de la prestation des services de santé, il faut mettre en place des stratégies qui améliorent la sélection, l’approvisionnement, la distribution et l’utilisation appropriée des produits pharmaceutiques, en renforçant la capacité insuffisante des institutions ou des
organisations. Il a cité, par exemple, les agences de réglementation et d’approvisionnement tout en ajoutant des ressources humaines, financières…
C’est dans ce contexte que les partenaires ayant un rôle à jouer dans la mise en œuvre effective de ces stratégies se sont rendus disponibles aux côtés du Gouvernement la RDC pour participer à cet élan national, celui d’accompagner le chef de l’Etat en ce qui concerne la «Couverture Santé Universelle en RDC.
De son côté, le représentant de l’OMS en RDC, Dr prosper Djiguimde, a félicité le ministère de l’Economie pour cette initiative dont il souhaite un heureux aboutissement afin de permettre à la RDC de disposer des textes réglementaires sur la rationalisation des structures de prix et tarifs des produits et services de santé. Ces progrès, précise-t-il, permettront d’orienter vers la mise en place
des mécanismes innovants et adaptés pour favoriser l’accès aux services de santé aux populations les plus défavorisées. Et ce, pour une meilleure prise en compte de l’équité dans les différentes interventions qui sont mises en œuvre au Pays.
Perside Diawaku

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