Guerre de l’Est : les Congolais debout contre Paul Kagame et le Rwanda

Un spectacle inédit a marqué, hier mercredi 15 juin 2022, la zone
frontalière entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda,
plus précisément au niveau de la ligne de démarcation entre les villes
congolaise de Goma et rwandaise de Gisenyi. En effet d’immenses foules
de Congolaises et Congolais de tous les âges ont envahi cette « zone
neutre », prêtes à la traverser pour protester contre l’occupation,
depuis le lundi 13 juin, de la localité de Bunangana, dans la province
du Nord-Kivu, par des militaires rwandais déguisés en combattants du
mouvement terroriste M23.

Prêts à mourir, ces compatriotes ne demandaient rien d’autre que la
libération, par les occupants indélicats, de cette partie du
territoire national. Deux noms sortaient sans cesse des gosiers des
manifestants : Kagame et Rwanda. Le président rwandais et son pays
passent aux yeux des millions de Congolaises et de Congolais, pour les
principaux ennemis de la paix dans la partie Est de la République
Démocratique du Congo.
Excédés par les velléités bellicistes et hégémonistes de Paul Kagame
et son pays, nos compatriotes ont tenu à exprimer leur ras-le-bol sur
les terres du maître de Kigali. Pendant que le gouvernement congolais
privilégie encore l’option du règlement à l’amiable de la « guerre »
que lui fait ouvertement le Rwanda sous couvert du M23, en portant
notamment le dossier au niveau du Conseil de Sécurité des Nations
Unies, de l’Union Africaine ainsi que de plusieurs chancelleries
occidentales, les populations civiles congolaises sont à bout de
patience et s’estiment en droit de « renvoyer la guerre » d’où elle
est venue.
On rappelle qu’il y a deux semaines, ce sont des habitants de la
ville de Bukavu, avec à leur tête des motocyclistes, qui avaient
traversé la frontière pour exprimer leur colère face aux agresseurs
rwandais qui venaient de déclencher les hostilités contre les FARDC
(Forces Armées de la République Démocratique du Congo) dans plusieurs
localités du Nord-Kivu, notamment Rumangabo, Runyonyi, Chanzu, Jomba,
etc. Ici aussi, le message émis par les manifestants étaient celui du
retrait des forces d’agression de cette partie du territoire national,
faute de quoi ils s’estimaient en droit de défendre la patrie avec des
armes blanches et de faire mal aux ennemis de la paix.

Kinshasa, Lubumbashi, Kananga, Tshikapa, Mbuji-Mayi, Kikwit, Kisangani…
Les populations civiles sont pratiquement sur le pied de guerre contre
Kagame et le Rwanda à Kinshasa, à Lubumbashi, à Kananga, à Tshikapa, à
Mbuji-Mayi, à Kikwit, à Kisangani ainsi que dans d’autres contrées du
pays. A Kinshasa, la capitale, plusieurs marches et sit-in hostiles
au régime de Kigali avaient pour cible la mission diplomatique de ce
pays, sur l’avenue Lukusa, dans la commune de la Gombe. En plus de
l’exigence du retrait des troupes rwandaises du territoire national,
la rue sommait l’ambassadeur Vincent Karega de vider les lieux et de
rentrer à Kigali. Dans leur élan de colère, certains manifestants
avaient brûlé ou déchiré des effigies de Paul Kagame, allant même
jusqu’à réduire en miettes et à bruler également le drapeau rwandais.
Le constat à faire est que les Congolaises et les Congolais en ont
marre des safaris militaires rwandais à l’Est de leur pays, lesquels
cachent en réalité l’agenda de pillages des ressources naturelles,
notamment le coltan, l’or, le diamant, la cassitérite, etc.
Une « bombe sociale » en gestation

A force de menacer d’envahir le territoire rwandais, en guise de
représailles contre les violations répétées du territoire congolais
par les troupes rwandaises, les populations civiles congolaises de
Goma ou Bukavu risquent, dans un avenir proche, de franchir la fameuse
« ligne rouge ». La communauté internationale attend-il qu’il y ait un
bain de sang entre civils congolais et militaires ou policiers
rwandais pour prendre, sur le tard, des résolutions condamnant
formellement la présence de l’armée rwandaise dans la partie Est de la
RDC ?
C’est maintenant ou jamais, pour le Conseil de Sécurité des Nations
Unies, d’apporter un message d’apaisement aux populations congolaises
en colère, au lieu d’émettre des appels à la négociation entre les
rebelles du M23 et les autorités congolaises. Les civils congolais
sont indignés d’entendre des discours mettant sur le même pied
d’égalité la RDC agressée et le Rwanda agresseur. La bombe sociale en
gestation peut éclater à tout moment, avec les conséquences que chacun
peut imaginer. L’histoire des nations renseigne qu’aucune armée
étrangères, aussi puissante soit-elle, n’a réussi à vaincre un peuple
déterminé à défendre sa mère-patrie. Les cas de Cuba, Vietnam,
Afghanistan… sont suffisamment édifiants.
Kimp

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