Velléités de manifestations de xénophobie : le général Kasongo met en garde les fauteurs de troubles à Kinshasa

A Goma, à Kinshasa et dans la plupart des villes congolaises, des
manifestations de jeunes contre les multiples agressions rwandaises en
RDC se sont multipliées au point d’entraîner des dérapages. Presque
partout, des jeunes de tous sexes habités par le sentiment d’en finir
une fois pour toutes le voisin belliqueux et encombrant, ont pris les
rues en otage contre les forces de police. Estimant que leurs
revendications sont légitimes, ces milliers de jeunes, ne s’expliquent
pas que leurs mouvements soient étouffés dans l’œuf.

Dans la capitale, quelques actes de xénophobie étaient signalés le
lundi 20 juin dernier, avec le risque de s’étendre dans plusieurs
quartiers. Poue prévénir le pire, le Vice-Premier ministre et ministre
de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières a
interdit, le port des tenues aux couleurs de l’armée et de la police.
Car, ces vêtements bariolés sont de nature à la confusion dans les
esprits.
Pour ceux qui ne savent pas distinguer les uniformes de l’armée et la
police de ces tenues souvent utilisées dans les spectacles de musique
et pièces de théâtre, le risque de se soumettre aux diktats des
malfaiteurs est grand. Cette méprise favorise la perpétration de
nombreux cas d’extorsions et autres abus. Des jeunes filles en
vagabondage aux heures indues de la nuit, ont été même violentées par
ces individus dangereux qui se passaient pour des militaires en
patrouilles nocturnes. Si à Kinshasa, la confusion est persistante,
qu’en est-il dans certains coins de l’arrière-pays.
Après ce membre du gouvernement, la seconde sonnette d’alarme a été
tirée par le commissaire provincial de la police ville de Kinshasa. En
effet, au cours de la réunion qu’il a présidée mardi 21 juin, avec ses
plus proches collaborateurs, le commandant de la ville, le général
Kasongo, a attiré l’attention de la population kinoise sur les
mouvements de revendication populaire déclenchés par certains
groupuscules politiques, appuyés par les dirigeants de leurs partis
politiques.
Des pyromanes en herbes en ont profité pour se prévaloir d’une grande
assise populaire et de la capacité de grande mobilisation des jeunes.
Quelques billets de banque ont même été distribués pour réunir le plus
de désoeuvrés possible. On a vu mardi dernier, des hordes de «kulunas»
gonfler les rangs de ces mouvements avec l’espoir de se livrer aux
pillages et aux actes de sabotage. C’est donc pour relayer le message
de l’apaisement des autorités nationales que le commissaire provincial
de la police ville de Kinshasa, a menacé d’appréhender les membres de
tout mouvement illégal des jeunes visant à s’en prendre aux commerces
et aux habitations appartenant à certains étrangers ayant choisi la
RDC, comme leur seconde patrie.
Il a annoncé que des unités de police seront déployées à travers
toute la ville de Kinshasa, avec pour mission de disperser tout groupe
de jeunes, d’arrêter les délinquants qui seront surpris devant les
boutiques, les terrasses et les hôtels, avec l’intention de casser des
biens des sujets étrangers. Le commandant de la ville a signalé
d’autre part que des mesures coercitives seront prises à l’encontre de
tout fauteur de trouble, quel qu’il soit. Les partisans de partis
politiques particulièrement, sont visés par ces mesures, parce qu’ils
sont capables d’instrumentaliser des foules de jeunes sans emploi
autour des manifestations de rue et autres saccages de commerces.
Les commandants de commissariats urbains et autres commissaires de
communes ont été sensibilisés autour de ces mesures qui sont entrées
en vigueur depuis le mardi 21 juin 2022. La collaboration des chefs
des quartiers et des rues de la capitale est vivement attendue pour la
réussite de ces mesures desquelles dépendent largement la quiétude et
la sécurité dans la ville de Kinshasa.
Depuis deux jours, on observe une sorte d’accalmie dans la capitale,
même si cette quiétude de façade semble précaire. Les informations sur
de nouvelles attaques du M 23 sur les villages congolais, risquent de
remettre le feu aux poudres et entraîner de nouvelles vagues de
protestation.
J.R.T.

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